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moyenne
3.58/5

Crazy Kung Fu

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les avis de Cinemasie

14 critiques: 3.48/5

vos avis

79 critiques: 3.65/5



Anel 3.5
Archibald 3 Kung-Fu Hustle : une nouvelle génération de combats s'impose
Astec 3.5 Kung Fu Chow
drélium 4.25 Carton assuré
Elise 4.75 Mon préféré !!!!
François 2.75 Mondialisation quand tu nous tiens...
Ghost Dog 4 Avec les moyens et la manière…
jeffy 4 Quand Stephen Chow cite Stephen Chow
Marc G. 2.5 Y a t’il un scénariste dans la salle ?
MLF 3.5
Ordell Robbie 3 Chow Sing Chi gagne au panache
Tenebres83 2.75
Tony Wong 4.25 Excellente surprise !
Xavier Chanoine 3 Pour rigoler...
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Kung-Fu Hustle : une nouvelle génération de combats s'impose

Pigy Alley, un quartier mouvementé !Voici la dernière bombe de Stephen "Duracell" Chow : Kung-Fu Hustle, un gros blockbuster dans la veine de son Shaolin Soccer. Et la comparaison est justifiée : en effet, KFH surpassa son grand-frère footbalistique, alors que ce dernier détenait pourtant les records hong-kongais en matière de budget aussi bien que d'entrées en salle. Hormis que Chow Sing-Chi annonce clairement les choses dès les premières minutes du film : "No more Football !" (la réponse à ceux qui attendaient un Shaolin Soccer 2 ?). Mais le thème mis à part, on a parfois l'impression d'être devant le même film : fini l'époque Ng Man Tat et consorts, l'époque des dialogues mitraillettes et de l'action comme accessoire comique ou narratif uniquement et place aux nouveaux compères comme Lam Chi-Chung et à l'action pure, scénaristiquement centrale. Les effets spéciaux sont plus que jamais de mise et malgré un ton comique bien "Chow", on note une tempérance dans ce domaine qui, venant de lui, ne s'explique que par le désir d'exportation.

Ceci étant, Stephen Chow n'a jamais caché son admiration pour les arts martiaux. Sans vouloir le psychanaliser, je crois même qu'il a toujours eu le fantasme de devenir une star de films de kung-fu, à l'image de son idole de toujours : Bruce Lee Siu-Long ; Chow a d'ailleurs placé dans ses films plusieurs clins d'oeils au petit dragon au cours de sa carrière (le goal de Shaolin Soccer en est l'exemple le plus connu). Aussi peut-être faut-il voir en Kung-Fu Hustle le film que Chow a toujours voulu faire mais ceci est un peu présomptueux, je vous l'accorde.

Malgré quelques nouvelles têtes, on retrouve l'équipe de foot au grand complet et quelques visages familiers. Danny Chan Kwok-Kwan (le goal de SC, justement)campe un bad guy sous opium jusqu'aux oreilles ce qui lui confére un air d'incompréhension totale en plus d'une molle agressivité, ce qu'il joue à merveille. De manière générale, tout le monde y met du sien mais l'atmospére s'alourdit légérement dans certaines scènes comiques malgré tout.Combat impréssionant !

Mais le succés du film doit surtout aux effets spéciaux époustouflants. En effet, je peux sans crainte affirmer que KFH est le film le plus poussé dans ce domaine dans des combats (pour ceux qui me diront : "Et Matrix ?", je leur réponds d'avance : "Il y a des combats dans Matrix ??!"). Cablages et SFX font bon ménage et même si certains seront hermétiques à ce parti pris, l'adrénaline est au rendez-vous dans la surenchère visuelle et sonore qui scotche le spectateur à son fauteuil dés lors qu'il adhére. Kung-Fu Hustle ancre une nouvelle génération de combats amorcé par Tigre & Dragon et officialisé par les deux derniers Zhang Yimou (Hero & House Of Flying Daggers) : des combats à gros budgets (peut-être pour la première fois à Hong-Kong) truffé de tout ce qui se fait de mieux techniquement. On en arrive à de tels excés techniques que l'on peut presque voir les HK$ défiler à mesure des scènes d'action.

Les changements ont toujours fait peur, surtout quand ils sont aussi radicaux mais au risque de passer pour un juvénil vieillard, je trouve la nouvelle donne moins éfficace que l'ancienne et j'ai le sentiment légitime que le cinéma hong-kongais se cherche un peu lui-même après le creux de la vague "post-rétrocession". Présentant cette vague arriver, on le sait tous, toutes les grandes stars d'HK ont émmigrées vers les USA (Jackie, Jet, Michelle, Sammo et beaucoups d'autres), Stephen avait tenté de faire de même mais lui avait vu les portes des Etats-Unis et du Canada se fermer devant lui pour cause de liens floues avec des membres des triades (et oui !...je n'en sais pas plus mais on sait tous que des dizaines de milliers de hong-kongais sont affiliés au Hak Sei Wui, donc cela peut vouloir dire tout et n'importe quoi...). Il subit donc la vague de plein fouet et y perdit beaucoup mais bientôt dix ans aprés la date symbole, Stephen Chow semble avoir définitivement pris sa revanche sur le destin et est sans doute le seul (avec Andy Lau) à être resté, avoir assumé et avoir cartonné...chapeau bas pour cela.Stephen Lee ?!

En Bref, c'est encore le débat "Dollars vs. Créativité" qu'ouvre Kung-Fu Hustle, même si le gros du budget passe évidemment dans les fights et qu'eux ne manque pas d'inventivité. Mais c'est dans l'humour qu'ingéniosité et efficacité dégringolent ce qui est gênant pour un film de Stephen Chow. Scénario survolé et humour contenu sont tout de même rattrapés par des scènes d'action à couper le souffle qui, j'en suis sûr, ouvriront les portes du marché international à Chow Sing-Chi et son fraîchement rebaptisé Crazy Kung-Fu.



15 avril 2005
par Archibald




Kung Fu Chow

Sans surprise Kung Fu Hustle a raflé une bonne partie des prix des derniers HK Awards 2005 qui se sont tenus il y a peu. Normal pour un film qui a explosé le box-office local et connaît une carrière asiatique tout aussi enthousiasmante. Calibré pour réitérer - voir dépasser – le succès de Shaolin Soccer, il est également fort probable que le dernier film de Stephen Chow rencontre la même réussite dans son exploitation internationale (les premiers chiffres de la sortie limitée US, avant une distribution sur 2000 écrans, vont dans ce sens). Bourré d’effets spéciaux et mieux troussé techniquement que tous ses précédents films, ayant bénéficié d’un budget et d’une production de plusieurs années dignes d’un blockbuster hollywoodien et comptant dans son générique le nom d’un Yuen Woo-Ping « bankable » depuis son travail sur Matrix, Kung Fu Hustle est donc parti pour asseoir définitivement le statut de star internationale de Chow.

Il y a donc deux façons de percevoir Kung Fu Hustle : là où le public lambda qui ne connaît du roi de l’humour HK que Shaolin Soccer risque d’adhérer avec enthousiasme, les fans des premières heures y verront probablement un « appauvrissement » du style Chow en raison de son formatage international. Exit donc les dialogues à la mitraillette caractéristiques du « mau lei to » et pédale douce sur l’humour gras, une tendance déjà perceptible dans ses deux précédents films (King of Comedy et Shaolin Soccer), mais ici menée jusqu’à son terme avec un Stephen Chow omniprésent devant et derrière la caméra. De fait Kung Fu Hutsle n’est pas le monument de rire que d’aucuns auraient pu espérer ; on y rit bien entendu, mais on y sourit beaucoup plus tandis que les scènes d’action se taillent la part belle. En ce sens le film de Chow, plus qu’une comédie matinée d’action, est un véritable film d’action comique (kung fu comdey comme le précise François) et de ce point de vue le public international en aura sûrement pour son argent. Pour autant l’acteur/réalisateur ne déroge pas à son dispositif narratif habituel et ne renie pas ce qui donne une identité à son cinéma : une galerie de personnages pittoresques représentant le petit peuple, un looser héros en devenir, une tripotée de détournements cinématographiques (Gangs of New York, Spider Man et les cartoon américains... pour les plus visibles) comme ressorts comiques... Mais cette formule est ici passée à la moulinette du spectaculaire (d’où l’intérêt de le découvrir en salle pour sa sortie française en juin) et des nécessités d’un scénario nivelé pour être facilement exportable : une histoire d’amour qui reste à l’état embryonnaire (et ce n'est pas la scène coupée la concernant qui rattraperait la chose), un Stephen Chow omniprésent sur le générique mais plus discret dans le film (on ne peut être partout à la fois), une dose de gags iconoclastes en baisse, des dialogues scandés de façon plus posée... Un reformatage qui ne gênera que les inconditionnels. Car depuis Shaolin Soccer et avec un titre comme Kung Fu Hustle le gros du public y va pour voir de l’action et il est probable que la dimension humoristique soit prise comme une plus value. Les bandes annonces reflètent en cela fidèlement ce qu’est le film. Mais pour autant le cinéma de Chow ne renie en rien ses origines et les spectateurs occidentaux ne risquent pas de facilement tiquer aux nombreuses références propres à la culture populaire locale : Bruce Lee bien entendu, mais surtout des références à un films comme The House of 72 Tenants auquel le personnage de la Landlady et le quartier de Pig Sty Alley font furieusement penser et, surtout, une forme de citation permanente de l’œuvre de l’écrivain ultra adapté Jin Yong (Chow aurait d’ailleurs acquitté des droits – plutôt symboliques - pour cela à l'occasion d'une visite de ce dernier sur le tournage) avec les techniques de kung-fu employées qui trouvent leur origine, pour une grande partie, dans l'oeuvre littéraire du monsieur. On est donc loin d'un cinéma "acculturé" et probable que nombre de références plus parlantes pour le public locale échappent à l'adaptation occidentale

Au final nous avons un film n’offrant certes pas autant de moments de folie comique que le cinéma HK des 90’s, mais présentant un spectacle de tous les instants qui, a défaut d’être « génial », remplit parfaitement son objectif et dépasse le reproche de « Matrix-like » pour ses combats câblés par une inventivité chorégraphique bien plus riche et des techniques beaucoup plus « exotiques » que ce qu’Hollywood a pris l’habitude de nous servir. La réelle faiblesse de ce Kung Fu Hustle, pris comme une kung-fu comedy, reste finalement Stephen Chow lui-même qui malgré son entraînement et un corps à la Bruce Lee, ne nous offre pas une prestation martiale (hormis les sfx cartoon) à la hauteur du reste, à la hauteur du genre.



12 avril 2005
par Astec




Carton assuré

Chu Chi Ling - Xing Yu - Dung Chi WaGrosse machine encore plus lourde et blindée que shaolin soccer, doté d'un scénario inexistant voir pitoyable, Kung Fu hustle confirme bel et bien les big guts de Stephen Chow qui parvient malgré toute la pression, malgré toute la confiture baveuse de son produit, à offrir une suite d'affrontements créatifs voir mémorables, en utilisant les SFX maison au service de son bestiaire débraillé. Car la dose de fun vient bien de la découverte de cette clique improbable, chacun spécialisé dans son "crazy kung fu", habilement présenté les uns après les autres tout au long du film, pour terminer bien lourdement (trop certe) tel un missile venu du ciel par le king Chow. M'enfin, pour faire court, j'ai adoré ce déferlement de guerriers charismatiques du peuple (pour une bonne partie de grands techniciens oubliés comme la formidable Yuen Qiu) et de techniques hyper créatives tirés du folklore HK tel que la mythique série Buddha's palm.

En revanche, l'humour Stephen Chow qui parsème la première moitié s'écrase peu à peu, et la fin approchant, le corps même du film est trahi par une trop grosse utilisation des SFX en dépit des idées créatives de Stephen et un scénario déjà mince qui part en lambeaux. Avec son histoire prétexte et sa naîveté d'antan définitivement abolie, sa dramatique et sa chiquenaude de sentiments avoisinant tous deux le néant, les bémols sont bien présents et massifs.

Mais qu'importe, il nous aura offert la dose de fun nécessaire et trois grosses bastons virtuelles énergiques et sacrément gouleyantes, parce qu'il aura su tirer profit du virtuel pour faire passer son style. Parce que même avec ses énormes affinités peu ragoutantes avec Asterix et Matrix, Kung Fu Hustle reste du Stephen Chow dans l'âme. Parce que même avec un paquebot de choses bringuebalantes, le spectateur qui veut du spectacle créatif en aura c'est certain, et du bon.

11 mai 2005
par drélium




Mon préféré !!!!

Beaucoup critique Stephen Chow en disant, en gros, qu'aveuglé par l'argent, il a fait un film sans âme ne valant que pour ses effets et étant décevant par rapport à ses autres films plus personnels. Franchement, je ne suis absolument pas d'accord. Le succès de Shaolin Soccer lui a ouvert des portes et il a pu bénéficier de l'argent qu'il n'avait pas avant, ce qui lui a permis de faire un film où les effets, les décors et tout ce qui est chers créent une ambiance vraiment très particulière, et mon goût d'une beauté incroyable. Les couleurs et la musique font penser dès le début à un Chicago 30's, tellement bien travaillé qu'on plonge directement dedans. Et a part l'idée des effets d'image, je trouve que tout ce qui marche dans ses autres films sont encore mieux rendus dans ce lui là ; par exemple la balance entre la comédie et le dramatique ; il arrive dans ce film à extrapoler les deux sans que la cohabitation choque. L'humour est excellent, les gags s'enchaînent dans les scènes comiques, et coté de ça, on trouve des scènes sentimentales merveilleuses avec la jeune fille muette qui est réellement touchante. Les personnages ne sont certes pas approfondis coté historique mais leurs stéréotypes se calent très bien dans le film, et même si Stephen Chow ne se bat pas du tout pendant le film à part la scène finale, je ne vois absolument pas en quoi c'est un problème ; l'histoire assure un bon divertissement et la présence de Chow n'est pas indispensable pour le déroulement de l'histoire.


Bref, de tous les films de Stephen Chow que j'ai vus (c'est-à-dire tous sauf 1:99), c'est vraiment mon préféré, reprenant tout ce que j'aime dans ses films.



27 mars 2005
par Elise




Mondialisation quand tu nous tiens...

Nouveau plus gros succès chinois de l'histoire à Hong-Kong, le nouveau Stephen Chow est évidemment attendu comme le Messie, surtout au terme d'une année d'espoirs à moitié exaucés à HK (le retour de Jackie Chan avec le très sympathique New Police Story, le nouveau Wong Kar-Wai...). Et si au final tout comme ses petits camarades il se révèle être un film avec ses qualités, on reste tout de même un peu sur sa faim. HK sait encore faire de bons films, mais il manque clairement l'étincelle qui donne des films marquants. Concernant Kung-fu Hustle, on retrouve le scénario très peu écrit de la plupart des Chow, mais contrebalancé cette fois par une technique d'excellente qualité et un budget conséquent, alors que la touche d'humour se montre plus réduite que d'habitude pour laisser plus de place au kung-fu.

C'est justement une des caractéristiques du film. D'habitude chez Stephen Chow, le kung-fu est un accessoire de la comédie. Kung-fu Hustle n'est pas une comédie, c'est un kung-fu comédie. La nuance est fine mais d'importance. On le ressent bien dans la première scène qui sent plus le studio que le grand air, rendant ainsi hommage au passé glorieux des studios comme la Shaw Brothers. Cette qualité de mise en scène et plus généralement technique sera maintenue pendant tout le film. La réalisation est la plus ambitieuse et réussie de Stephen Chow, la photo est soignée, les décors sont superbes, seule la musique de Raymond Wong est répétitive quand on connaît le compositeur. Au niveau technique, pas grand chose à redire donc, le film se hisse au niveau des standards internationaux, corrigeant ainsi un des plus gros défauts de la plupart des comédies de la vedette HKgaise.

Mais ce changement de standard ne va pas sans inconvénients. Le film est très clairement orienté export. On s'en rend compte avant même de voir le film: la jaquette du DVD est entièrement en anglais, on a apposé un vulgaire autocollant dessus pour les mentions légales Hong-Kongaises. L'ouverture du film à un plus grand public (marché pourrait-on dire) autorise cette qualité technique, mais fait aussi perdre un peu de son style au film. Stephen Chow roi du mo lei to (humour non sensique)? Oui sûrement, mais au niveau mo lei to on repassera, le côté non-sensique est ici plus réduit que d'habitude, tout comme les gags sur les dialogues d'ailleurs. Les gags ne sont plus locaux ici, Kung-fu Hustle est avant tout visuel, donc universel. Les "gueules" des personnages sont d'ailleurs très bien choisies, mais ce genre d'humour ne viendra pas compenser totalement l'originalité du mo lei to pur jus que les fans affectionnent tant chez le comédien. Le bon Stephen a tout de même pu conserver quelques gags politiquement incorrects, qui évitent au film de devenir trop "blockbuster" dans le mauvais sens du terme.

Continuons notre ping-pong avantages/inconvénients de la "mondialisation" de Stephen Chow. Les effets spéciaux au budget sûrement très comfortables sont souvent très impressionnants, bien plus que dans Shaolin Soccer et autorisent quelques délires impossibles sans CGI, comme la poursuite "à la Bip Bip et le Coyote". Cependant on frôle parfois un peu trop le "Matrix Like", la trilogie des frères W aillant un peu trop balisé le terrain au niveau des combats, quoi qu'on en dise. Yuen Woo-Ping fait tout de même du bon travail, les combats sont parfois très délirants, bien rythmés, avec des techniques variées et très enracinées dans la culture chinoise, bref, le savoir faire HK à l'oeuvre. Le kung-fu est d'ailleurs mis en avant à la fois sur la forme mais aussi sur le fond, Stephen Chow rendant à nouveau hommage à ce genre et cet art qu'il affectionne tant.

Le reste du scénario est hélas le gros point faible du film. Quelle importance me direz-vous, il n'y a pas de scénario dans la plupart des kung-fu comédie. Soit, on veut du divertissement et du bon kung-fu avant tout, et ces deux buts sont atteints. Reste que les plus grands films de kung-fu bénéficient souvent d'un scénario qui apporte des enjeux dramatiques, une ambiance, des émotions. De plus les derniers films du comédien se montraient moins délirants, mais mieux construits, mieux équilibré. Ici le film est très clairement trop court pour susciter l'intérêt. On se demande déjà qui est le héros, le film s'attardant bien moins sur Stephen Chow que d'habitude. Qui est le vrai méchant? Qui est le vrai héros? Quand bien même on le sait, l'implication avec les personnages frise le zéro, contrairement à un Shaolin Soccer où les personnages étaient mieux définis. Ici les seconds rôles sont souvent très limités (Lam Chi-Chung), quand ils ne sont pas complètement inutiles (l'histoire d'amour insipide au possible). A se demander si la production n'a pas demandé quelques coupes... Quant à Stephen Chow il reprend son personnage fétiche, donc la surprise ne sera pas de mise. Plus globalement on retrouve un peu trop de gags déjà vus dans ses précédents films (un couteau dans chaque épaule au lieu des balles dans From Beijing with Love, les personnages déshabillés par l'attaque ultime comme dans Shaolin Soccer,...), mais qu'il remet au goût du jour pour qu'un public plus large en bénéficie. On ne se lasse pas de certaines répétitions (son goût imodéré pour les baffes en tout genre), mais d'autres sonnent comme un léger manque d'inspiration.

Au final, Kung-fu Hustle est un kung-fu comédie sympathique, bien délirant dans son humour comme son kung-fu et à la technique difficile à prendre en défaut. Mais impossible de ne pas être un peu déçu, le manque d'écriture du scénario et les concessions artistiques sont des défauts empêchant le film d'être aussi marquant que souhaité. Kung-fu Hustle n'est sûrement pas plus mauvais que bons nombres de comédies du comédien, mais on devient évidemment bien plus exigeant avec un tel budget, quatre années d'attente et des antécédents récents très prometteurs (King of Comedy et Shaolin Soccer). Kung Fu Hustle est donc plaisant, mais il n'a pas de coeur, ou alors moins que ses grands frères. Stephen Chow se trouve à une étape clé de sa carrière. En mondialisant son style, y perdra-t-il toute originalité pour aller vers le conformisme regrettable des gros machines américaines, ou bien saura-t-il garder sa marque de fabrique? Son prochain film nous en dira plus, en espérant qu'il ne faille pas attendre quatre ans de plus.



01 mars 2005
par François




Avec les moyens et la manière…

Il faut quand même rendre hommage à Stephen Chow pour son talent et son courage. Peu d’artistes dans le monde sont en effet capables d’assumer un gros budget comme Kung Fu Hustle à la fois devant et derrière la caméra, en bourrant chaque scène d’effets spéciaux terrassants et d’effets comiques qui ne le sont pas moins. Quels risques il lui a fallu prendre et quelle sûreté en lui il doit posséder pour mener à bien un tel projet, avec toute la responsabilité de la réussite du film sur ses propres épaules ! On pourra alors dire ce qu’on veut sur la mondialisation (les hongkongais n’ont pas le droit de faire mumuse eux aussi de temps en temps avec les ordinateurs ?), sur les nouveaux riches qui entrent dans le star system en vendant leur âme au Dieu Money, ou sur la naïveté du scénario, tout cela importe finalement bien peu. L’essentiel, c’est que Kung Fu Hustle soit à mourir de rire, qu’il renouvelle le genre du film d’action de manière inattendue en transformant grâce à la technologie 4 beaufs absolus en maîtres d’arts martiaux invincibles, et qu’il divertisse de bout en bout de manière très efficace. Des moments de pur délire comme cela, on en redemande, même avec des effets spéciaux à fond les gamelles ; pas de panique, ça n’empêchera pas les cinéastes qui y sont allergiques de s’exprimer et d’attirer des spectateurs dans les salles. Alors, pourquoi bouder son plaisir ?

29 mars 2005
par Ghost Dog




Quand Stephen Chow cite Stephen Chow

Kung-Fu Hustle est peut-être le film qui marque le plus clairement l'orientation que Stephen Chow veut donner à son cinéma. S'il fallait prendre des référence, c'est avant tout Wong Kar-Wai et Zhang Yimou qui me viennent à l'esprit. Car si la volonté d'internationalisation du propos sur plan formel, l'ouverture d'un film au scénario à la base traditionnel à une forme esthétique on ne peut plus conscensuelle et branchée, fait beaucoup écho à l'évolution filmographie récente de Zhang Yimou, la reprise des vieux démons chowniens ne peut qu'évoquer une thématique très wongkarienne. Si Kung-Fu Hustle peut être vu pour lui-même, c'est indéniablement à la lumière des réalisations précédentes de Stephen Chow qu'il prend toute sa dimension. Là où Shaolin Soccer, n'avait fait que survoler l'essence du problème, préférant peut-être la lisibilité à la signification, Kung-Fu Hustle vient régénérer les interrogations fondamentales d'un homme.

C'est avant tout le compromis entre la perception du rôle social qu'un homme peut avoir de lui-même et son aspiration à un idéal hors de toute contrainte temporelle qui est la racine de l'inspiration de Stephen Chow. On retrouvait déjà dans King of Comedy ou God of Cookery, cette écartellement du héros entre un univers onirique et la réalité. Ici, cette quasi schizophrénie est prend toute sa signification, rendant vivant ce qui n'aurait pu être qu'une forme vide de sens. Cette revisitation d'un thème poussée à son paroxysime constitue sans nul doute un des principaux intérêts du film. Certes, l'aspect ludique est bien présent, grâce à une bonne utilisation des effets spéciaux, une sur-utilisation pourrait-on dire, car leur démesure est partie intégrante du propos, venant ainsi transcender la dichotomie entre monde intérieur et réalité extérieure. Sous la couverture d'un film simple, Stephen Chow nous livre peut-être là un film beaucoup plus personnel qu'il pourrait sembler et qui suscite beaucoup d'intérêt pour ses futures réalisations si jamais il persiste dans cette revisitation d'un thème personnel unique, fondamental et pourtant universel.

18 avril 2005
par jeffy




Chow Sing Chi gagne au panache

Avis avec SPOILERS

Qu’il existe des liens entre les grandes années de la comédie musicale hollywoodienne et le cinéma hongkongais de l’age d’or 85-95, on s’en doutait pour tout dire. On n’est donc pas surpris que Chow Sing Chi, un des rares cinéastes hongkongais ayant tenté de maintenir encore en vie cet esprit-là, nous offre dans Kung Fu Hustle une scène de retrouvailles près d’une affiche de Top Hat. Chow Sing Chi a-t-il dès lors réussi une fois de plus à maintenir en vie cet esprit-là tout en répondant au défi de la mondialisation? La réponse à cette question est un peu plus complexe que le pensent les détracteurs de Kung Fu Hustle.

Figure du cinéma de Hong Kong au talent d'acteur comique bien plus étendu que son talent de cinéaste, Chow Sing Chi a su bien gérer l’après–1997 en ayant compris les nouvelles attentes du public HK. Il a ainsi peu tourné alors qu’il était très présent à l’écran auparavant. Il a aussi compris que suite à l’invasion hollywoodienne et coréenne au Box Office le public désirait des budgets plus conséquents et une meilleure finition technique. Dès lors, il serait tentant de dire que les manières d’un film consécutif au succès mondial de Shaolin Soccer font nouveau riche. En partie vrai certes mais cela n'est pas forcément négatif loin de là. Chow Sing Chi s’est ainsi offert cette fois une photographie un peu plus travaillée que dans ses films précédents et des décors à la hauteur de son ambition de reconstitution d'époque. Sa mise en scène a également gagné des galons d’un point de vue de l’aisance technique. Il ose ainsi poser son sujet en un long plan séquence d’ouverture, déployer une vraie ampleur formelle classique, user à bon escient du grand angle comme filmer les combats avec une réelle énergie.

Cherchant à répondre aux désirs d’un public hongkongais qui ne peut plus se contenter d’arts martiaux «old school» et désire du spectacle des corps avec SFX, il n’hésite pas à faire dans une surenchère d’effets spéciaux qui donne à certains moments du film une plaisante coloration cartoonesque (ou offre de belles idées visuelles telles que le nuage en forme de Bouddha, les squelettes en armure). Revers de la médaille de tout cela : quelques mouvements de caméra sombrent dans une épate évitée par les précédents films du cinéaste et l’usage des effets spéciaux lors des combats n’est parfois en rien différent d’un certain plein la vue hollywoodien. C'est d'autant plus regrettable que Shaolin Soccer évitait ces deux pièges-là.

L’autre revers de la médaille, c’est un script moins convaincant que ceux de King of Comedy et Shaolin Soccer. Chow Sing Chi ressert son personnage de pathétique looser jouant d’abord les imposteurs, cherchant ensuite à devenir gangster avant de virer du « bon » coté. Le scénario ayant multiplié les personnages sur une heure quarante, cela fait d’autant moins de place pour préparer ce dernier basculement et en faire autre chose qu’un artifice scénaristique. Chose heureusement un peu compensée par le Chow Sing Chi show. Mais le non-développement du personnage de la sourde-muette est en revanche plus problématique vu qu’il nuit à l’émotion des scènes la concernant. Un développement des personnages au hachoir pour se "mettre au niveau" des concurrents hollywoodiens? Il s'agirait plutôt de la confirmation des inquiétudes suscitées par Shaolin Soccer. Ce dernier film se contentait en effet déjà de rhabiller à coup d'effets spéciaux une formule rodée par Chow Sing Chi dans ses comédies précédentes. Le cinéma de Hong Kong ayant toujours été un cinéma de formules, on ne s'en serait pas plaint si la formule avait été bien déclinée comme dans Shaolin Soccer justement. Mais ce n'est pas le cas. On ne retrouve pas non plus le regard attendri de Chow Sing Chi sur ses "héros" loosers des deux films plus haut mentionnés. Tout ceci ne saurait néanmoins nous faire balayer d’un revers de main un film fonctionnant meme si moins touchant que ses précédents. On retrouve ainsi en partie la fixation du bonhomme sur les déjections (la pisse ici) et un humour politically uncorrect sur les mendiants, ces deux points sentant le cousinage cantonnais des Farelly Brothers. Sans compter cette scène des gamins menaçés d’etre brulés avec un jerrycan évoquant un certain polar hongkongais eighties.

Pour le reste, Chow Sing Chi offre de jouissifs lancers de hache et combats à un contre plusieurs et une très drole scène avec des serpents. Il fait un petit clin d’œil à Shaolin Soccer, nous présente son Axe Gang très Gangs of New York par une scène de comédie musicale, fait sourire en citant Spiderman. Chow Sing Chi looke enfin certains personnages comme des combattants de films d’arts martiaux Shaw Brothers seventies avant de faire des appels de pied à son idole Bruce Lee sur la fin. Sans parler d’un score alternant bien titres non originaux et score de Raymond Wong. Cet humour et ces clins d'oeil dans l'ensemble moins locaux sentent évidemment la concession aux gouts du public HK comme mondial. Reste qu'avec ses ruptures de tons bien négociées et son mélange des genres Kung Fu Hustle a bien plus de vraie touche asiatique qu'un Infernal Affairs ou que beaucoup de films de genre coréens. De façon certes moins brillante scénaristiquement que son film précédent, il a le mérite de tenter de maintenir en vie un cinéma typiquement HK tout en répondant au défi de la mondialisation. Chose que ne fit pas une trilogie policière du tandem Lau/Mak dans l'imitation servile d'Hollywood. En tant que divertissement il vaut de plus bien mieux que beaucoup de concurrents asiatiques comme US.

Au nom des attentes du public HK bouleversées par l'invasion hollywoodienne et sud-coréenne post-1997, on n'ira pas se plaindre d'un humour plus "mondial". On est en revanche pas surpris mais malgré tout déçu par un script montrant des signes de formule Chow Sing Chi mal déclinée. Et par contre vraiment déçu par des effets spéciaux tombant la moitié du temps dans les travers d'épate nouveau riche des rivaux hollywoodiens et sud-coréens. Vendu Chow Sing Chi? Quoi qu'en disent certains fans déçus et/ou nostalgiques ce n'est certainement pas le cas. Car dire cela serait fermer les yeux sur ce qu'a toujours été le cinéma de Hong Kong. A savoir une industrie où la dimension commerçante et commerciale a toujours été primordiale. Industrie qui nous vengeait meme dans ses meilleurs moments d'une certaine pose artiste du cinéma d'auteur occidental. Meme les plus grands de HK ont toujours eu une dimension de calcul financier, de mercenaire dans leur travail. John Woo a longtemps fait les yen man avant de devenir ce que l'on sait. Tsui Hark pensait profit autant que vision d'auteur dans les années 80 et remontait ses productions dans le dos de ses protégés. Johnnie To a pu etre créatif par calcul commercial. Et rayon cinéma d'auteur Wong Kar Wai a toujours tenté de concilier calcul marketing (avec ses castings et en revisitant des genres à la mode) et expérimentation formelle. Tout ceci amène donc dès lors à relativiser les défauts de ce retour attendu de Chow Sing Chi. Car après tout le gros succès d'un film loin d'etre raté vaut mieux en attendant que de laisser le "spectacle" martial à Yimou ou à Hollywood. Kung Fu Hustle offre en effet par son succès à un cinéma d'arts martiaux tombé en désuétude à HK ce que les polars D&B lui avaient offert à une autre époque: une survie commerciale digne maintenant en vie un des genres ayant installé HK sur la mappemonde cinéphile.

Alors que Tsui Hark tente cette année un come back et que le cinéma de Hong Kong n’a pas su mettre sur orbite de cinéaste de première importance depuis trop longtemps, ce retour de Chow Sing Chi laisse donc au final une impression mitigée. Comme revival de la kung fu comedy, il vaut mieux qu'un Drunken Monkey dépassé. Il soutient néanmoins cinématographiquement la comparaison avec certains Chow Sing Chi "culte" pour les nostalgiques de l'âge d'or (From Beijing with love, Forbidden city cop, God of Cookery). Si ces derniers films ne souffraient pas des mêmes limites rayon script ou effets spéciaux, ils étaient tout aussi inégaux et leur mise en scène était par contre juste correcte. Si Kung Fu Hustle ne surpasse pas un King of comedy ou un Shaolin Soccer, cela n'empêche pas de le savourer avec plaisir en attendant un vrai retour en forme de Chow Sing Chi.



01 mars 2005
par Ordell Robbie




Pour rigoler...

Si le film de Stephen Chow manque d'âme (resaucée de Shaolin Soccer version Kung-Fu intégral), il en est tout autrement de son scénario accrocheur et de ses quelques personnages complètement tarés apportant finalement une bonne densité au métrage. On rit, on sourrit, mais pas quoi sauter au plafond non plus.

07 août 2006
par Xavier Chanoine


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