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City of Lost Souls

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les avis de Cinemasie

6 critiques: 2.21/5

vos avis

25 critiques: 3.2/5



Xavier Chanoine 3.5 Le ping-pong est un sport dangereux.
Sonatine 2.75 Un film baclé mais qui a le mérite d'être vraiment divertissant.
Ordell Robbie 1 Les défauts miikiens habituels amplifiés.
Marc G. 3.25 Faut bien mélanger (les genres) sinon la pulpe reste en bas.
Ghost Dog 1.25 The movie of lost script
Alain 1.5
classer par notes | date | rédacteur    longueurs: toutes longueurs moyen et long seulement long seulement


Le ping-pong est un sport dangereux.

Après avoir tourné deux de ses films les plus connus que sont Audition et Dead or alive, Miike a pratiquement trouvé son style définitif qu'il usera sans faillir pendant des années. Ainsi dans son City of lost souls, au passage très réussi, on y trouve ce sérieux penchant pour la dérision absolue et le je-m'en-foutisme de première classe dans cette approche burlesque et décomplexée des codes du yakuza eiga traditionnel. Mario est un gangster brésilien en cavale suite à des règlements de compte avec la mafia Chinoise. Il quitte le Brésil pour se rendre au Japon en compagnie de sa petite amie Kei, afin de s'éloigner de tous ces tracas et mener une vie paisible. Malheureusement la donne sera toute autre puisque la mafia Chinoise n'a pas l'intention de le laisser plier bagage si facilement.

Dès le départ le ton est donné puisque Miike nous présente peut-être l'une des intro les plus barrées de sa filmo populaire. En l'espace de 10 minutes chrono on y verra un gunfight surpuissant dans un bar, la mise à nue totale du "héro", un assaut par hélicoptère et un plongeon de 200m de haut sans le moindre bobo. Délirant. Etrange mais délirant. En effet, City of lost souls mélange un peu tous les genres et finit même par confondre vitesse et précipitation, en résulte alors cette succession de scénettes pas très cohérentes passant du coq à l'âne en moins de deux. En l'espace de peu temps on aura affaire à un combat de coq (pliant mais mal réalisé), un règlement de compte au bord d'une ruelle étroite, une prise d'otage, une baston capoeira et une partie de tennis de table. Du sens, difficile d'en trouver.

Mais ce qui fait le charme de ce métrage, c'est cette façon plutôt unique de marier les genres (polar, comédie, science-fiction), prouesse facilement réalisable sur manga papier. City of lost souls, un manga live? Sûrement. Il y contient tous les ingrédients classiques du manga avec son lot de personnages colorés (le génial Koji Kikkawa à l'imper' bien classe), ses situations déjantées et son goût prononcé pour le politiquement incorrect. Nombreux sont les moments dégénérés, comme cette partie de tennis de table incroyablement culottée et qui fonctionne à merveille. Dire qu'avant ce passage on a affaire à un duel au gun digne de Leone...on pensait tous que le film allait se clore sur cette séquence pour le moins dramatique, et bien non, Miike te balance dans les gencives un "duel de la mort" entre deux chefs de gang via une partie de tennis de table très particulière, dans une arène qui servait au préalable à des combats de coqs se prenant pour Trinity dans Matrix.

En dehors de son approche comique du yakuza eiga parfaitement réussie, City of lost souls n'est pas non plus exempt de défauts. Le style peut déplaire une nouvelle fois tant on a l'impression que l'oeuvre alterne "film de potes" et entreprise sérieuse, d'où une réalisation en dents de scie. Certains plans sont extraordinaires, d'autres carrément anodins, limite filmés parce qu'il "fallait" filmer quelque chose. Un sentiment que l'on retrouvera d'ailleurs un peu à chaque fois dans la filmo de Miike. Au-delà de cette drôle impression, cette oeuvre est un divertissement incroyable et peut être l'un des meilleurs films du cinéaste.

Esthétique : 3/5 - Des idées visuelles sidérantes, d'autres bien moins inspirées. Bonne mise en scène. Musique : 3/5 - Une ambiance de bonne facture avec quelques morceaux à la guitare plutôt réussis. Interprétation : 3/5 - Des tronches de dingue, des personnages tout droit sortis d'un manga. Y'a bon. Scénario : 4/5 - Rythmé et souvent intéressant. Le ridicule absolu côtoie le dramatique plus d'une fois.



13 octobre 2006
par Xavier Chanoine




The movie of lost script

Le seul mérite de Miike dans ce film est de présenter une facette de la capitale nippone rarement abordée (cf. Tokyo Skin), à savoir la diversité culturelle, le melting-pot que le Japon est en train de devenir tout doucement sous les coups de boutoir de l’immigration russe, brésilienne, chinoise, coréenne, pakistanaise ou européenne. Petit à petit, l’archipel perd son image traditionnelle de renfermement sur lui-même et s’ouvre au monde, ce qui n’est pas du goût de tous à en croire les commentaires acerbes de certains (« maintenant ils fabriquent même des sushi, ça me fait gerber »).

Pour le reste, ce mélange foutraque d’images grotesques (chute d’un hélico sans parachute, combats de poulets), de personnages stéréotypés qui ne valent que pour leur apparence, et de saynètes tape-à-l’œil est rapidement énervant. Le couple principal composé d’un brésilien et d’une chinoise est finalement très peu à l’écran et ne parle pas beaucoup, ce qui n’aide le spectateur à s’y identifier. Mais le plus frustrant, c’est que Miike enchaîne les mini-scènes brutalement, en ne laissant jamais le plaisir s’installer : à peine un combat de capoeira est-il engagé en pleine rue qu’on passe à autre chose, à peine s’intéresse-t-on au destin de Carla que se retrouve avec les yakusa…

C’est ça Miike : des idées, parfois bonnes, parfois moins, et pas grand chose pour rendre ça cohérent. Or, des idées seules n’ont jamais fait un film, et on en voit encore la preuve ici. Serait-ce le cinéaste le plus surestimé de sa génération ?



10 août 2003
par Ghost Dog


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