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Violence sans raison

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Xavier Chanoine 2.75 Le retour des trois vicelards
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Le retour des trois vicelards

Trois adolescents décident de se rebeller contre le système pour sortir du terrible anonymat dont ils souffrent, les obligeant à hurler leur haine vis-à-vis du système en s’adonnant à toute une série de pratiques douteuses, inexcusables, dont le pathétique et la bouffonnerie sont mis en avant par Wakamatsu Koji. L’attitude bébête des trois vicelards et leur acharnement à profiter de la moindre chair dans l’action ou l’espionnage est montrée sous un angle à la fois ridicule et complice, la caméra captant ces visages lassés et naïfs tout en étant clairement plantée au centre de leur intimité. Cependant, l’ambigüité par rapport à l’utilisation de la caméra est parfois évidente. Autant la distance prise entre la caméra et les adolescents lors des viols est par moment notable, comme pour éviter de cautionner pareil acte de rébellion, autant les nombreux plans rapprochés sur les visages des jeunes femmes durant l’acte forcé paraissent malsains, sorte de spectacle voyeur abjecte rendant l’expérience extrêmement délicate, il faut bien le dire. Pourquoi ? Sans doute parce qu’il est très facile de s’attacher à ces trois loosers, grands enfants qui n’ont jamais connu l’amour si ce n’est à travers leur solitude et leurs photos de pin-up, auteurs de véritables crimes en guise d’éclate, de challenge et de découvertes. On passera sur l’incroyable facilité de justifier le viol en guise de rébellion face à la société, le trio étant composé de jeunes branleurs qui n’ont strictement rien à faire de leur vie, allant jusqu’à refuser d’adhérer au mouvement de la jeunesse étudiante contestataire de l’époque. Un comble.

Wakamatsu voit cependant juste dans la représentation de cette jeunesse au bord du gouffre, qui finira par laisser de côté les vaines tentatives de séduction et d’amour pour une autre forme de lâcheté, le suicide et l’homicide volontaire, donnant à ce Violence Without a Cause une saveur nihiliste difficilement supportable mais ô combien plus intéressante que la traque de jeunes femmes. Le film peut également être vu comme une peinture d’un monde hypocrite et manipulateur, où les femmes abordées par le trio cherchent la provocation afin de mettre le feu à la bergerie, comme ce coup fourré en fin de métrage, où une séduisante jeune femme utilise ses atouts pour amener ses proies au lit en attendant l’arrivée de gorilles prêts à en découdre avec ces jeunots. Les niveaux de lecture restent en tout cas suffisamment nombreux pour questionner chaque spectateur, mais aucun geste n’est ici excusable, même traités sur le ton de la comédie. Wakamatsu Koji risque néanmoins de mettre tout le monde d’accord sur sa mise en scène réaliste (la séquence de la distribution des tracts) et parfois expérimentale (l’incroyable séquence de voyeurisme en couleur), sur son excellent score rock et sur le déclin régulier de ces trois adolescents qui ont finalement compris qu’ils n’y arriveront jamais. La société reste sourde face à leurs attaques. Une goutte d’eau dans la marre nippone en quelque sorte.



21 février 2010
par Xavier Chanoine


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