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Va, va, deux fois vierge

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drélium 2.75
Ordell Robbie 3.5 La Vierge des tueurs
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La Vierge des tueurs

Voir à la suite le raté L'Extase des anges et le réussi Va Va deux fois vierge, c'est avoir devant ses yeux les forces et les limites d'un cinéma cherchant à s'inscrire dans les voies de l'avant-garde et de la modernité. Forces et limites valant d'ailleurs pour tout un cinéma d'auteur actuel encensé (Suwa, Denis, Van Sant, Hong Sang Soo...) dans lequel le risque de la pose n'est jamais très loin. Soit lorsque la recherche de la nouveauté aboutit à refaire ce que d'autres ont déjà fait. Ou lorsqu'à force de systématiser certains parti pris artistiques ce qui se veut audacieux devient système, routine. Et aboutit à un cinéma qui n'est que idée, concept et dispositif. Contrairement à L'Extase des anges, Va va deux fois vierge n'est pas encore tombé dans cet écueil-là. Dans ce film tourné pour trois fois rien sur un toit d'immeuble, l'usage de la musique comme contrepoint des images et cet enchainement de photos de Polanski et Sharon Tate avec des planches de Lone Wolf and cub évoquent certes le Godard de la seconde moitié des sixties (dont Wakamatsu dit ne pas avoir vu les films). Mais en même temps ces choix-là se font le reflet de l'envers de l'insouciance sixties, un vrai condensé d'époque.

Et le risque de voir certains parti pris formels virer au tic est en partie amorti par le choix de fonder montage, récit et mise en scène sur la rupture. Les plans larges et les plans plongeants reflètent une société écrasant les protagonistes du film tandis que vus en plans subjectifs du toit de l'immeuble c'est le Tokyo moderne, propre qui semble extra-terrestre, étranger. Et lorsque le film remonte vers les moments où les héros ont perdu leur innocence (innocence perdue de l'époque d'ailleurs, celle d'un Manson/face noire du rêve hippie et d'Altamont) il passe d'un coup du noir et blanc à la couleur. La caméra y parcourt avec une énergie no future un escalier tandis que dialogues, passages chantés et moments où les personnages semblent parler au public créent parfois lourdement la distanciation. Cinéma où l'artifice permet d'être au plus près du chaos d'une époque. Et au milieu de cet univers fait de voyous grotesques et de vieux lubriques, Boy meets Girl. Mais pour chacun le temps de l'innocence est depuis longtemps fini et reste à tuer le temps en attendant la mort. Et en attendant on tente de laver cette innocence perdue par deux impasses: l'oubli et le meurtre.

Le film doit aussi sa force à ses décors dont le caractère désaffecté, en ruine est bien mis en valeur par le travail sur le cadre. Unité de lieu où l'ouvert à l'air, le sommet deviennent synonymes de huis clos, d'isolement. Pour un vrai témoignage de l'éclosion du cinéma indépendant au Japon dans les sixties. Et un film sachant se contenter d'être l'air de son temps.



18 mars 2006
par Ordell Robbie


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