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Ten Nights of Dreams

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les avis de Cinemasie

1 critiques: 2.5/5

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2 critiques: 2.62/5



Xavier Chanoine 2.5 Très inégal, vaut pour quelques coups de maître
classer par notes | date | rédacteur    longueurs: toutes longueurs moyen et long seulement long seulement


Très inégal, vaut pour quelques coups de maître

Ten Nights of Dreams est l'adaptation cinématographique de courtes histoires écrites par le grand écrivain Natsume Soseki (son portrait est imprimé sur les billets de 1000 yens) par dix cinéastes plus ou moins influents au Japon. Chacun a à peu près une dizaine de minutes pour réaliser un segment avec les libertés de leur choix, aussi bien narratives que formelles. Pour la mise en scène des dix histoires on retrouve des cinéastes plutôt prestigieux dans leur domaine comme le méconnu mais très intéressant JISSOJI Akio, le vétéran ICHIKAWA Kon (avec The Inugamis, son dernier apport au cinéma), AMANO Yoshitaka plus connu comme étant le character designer de plusieurs opus de la saga Final Fantasy, de l'anime Gatchaman, de Angel's Egg de Oshii Mamoru, ou encore le petit maître opportuniste de la série B d'épouvante japonaise, SHIMIZU Takashi. Sur le papier, ce Ten Nights of Dreams a de quoi remplir parfaitement son contrat de divertissement fantastique saupoudré de légendes fantasmagoriques japonaises, de références allant du film de samouraï au jidaigeki classique mâtiné de science-fiction. Tout un programme pour satisfaire le spectateur curieux de voir ce que le résultat peut donner avec de tels cinéastes variés aux manettes, mais une chose est sûre, les qualités du film s'épuisent au fur et à mesure que les histoires se déroulent, la faute à la confection d'un tel projet dans les mains de cinéastes qui devraient sérieusement revoir leurs gammes, c'est le cas notamment des pitoyables segments réalisés par TOYOSHIMA Keisuke confrontant une demoiselle à cheval à des momies cartoon et MATSUO Suzuki avec son personnage futuriste dansant pendant cinq interminables minutes. Si le premier rate le coche par son absence totale de clarté, préférant donner une drôle de théorie du couple mêlée à une histoire d'épouvante risible, le second débute par deux superbes plans en noir et blanc avant de tomber dans les travers d'un Miike où la caméra se met à faire n'importe quoi, à bouger dans tous les sens sous une musique absolument gerbante. L'humour ne fonctionne pas non plus. Rayon fausse joie, le segment réalisé par ICHIKAWA Kon n'est pas mal dans le genre non plus. Le segment met en scène un apprenti samouraï qui veut trouver l'illumination et un maître qui ne fait rien pour. Tourné comme un film muet (avec les inserts textuels), le résultat est extrêmement décevant, oscillant entre vraie rigueur formelle d'époque et foirage visuel en toute fin lorsque des miniatures d'écran viennent mettre le souk : l'effet spécial est raté et l'acteur souhaitant se faire hara-kiri joue plutôt mal.

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Sans être aussi mauvais que les trois cités précédemment, AMANO Yoshitaka nous invite à prendre part à son inutile segment basé sur la solitude, intégralement réalisé en images de synthèses et baigné dans un chara-design carrément douteux. C'est parfois poétique et fondamentalement très beau, mais l'on s'ennuie ferme. Plus improbable et non moins facile d'accès, sa suite réalisée par Kawahara Simmei tourne à vide mais recèle de quelques beaux moments formels comme lorsque le grand-père marche derrière le panneau où l'on y décerne son ombre et tout plein de lumières. Si l'on veut chercher plus de distraction et de matière pour les mirettes, mieux vaut se diriger vers le tout premier segment réalisé par JISSOJI Akio , absolument impressionnant d'un point de vue visuel : cadrages tordus, palette colorimétrique retouchée, contrastes aveuglants et attention sur les petits détails du décor. Le segment est aussi une vraie torture temporelle et le spectateur se perd complètement dans ce tourbillon déstabilisant concocté par l'un des méconnus du cinéma japonais expérimental. Le segment Nostalgia réalisé par SHIMIZU Atsushi est tout intéressant visuellement, par sa lumière très appuyée et sa palette de couleurs saturées. Il met en scène Natsume Soseki poursuivant une jeune fille dans un monde qui semble parallèle. Plus différent, SHIMIZU Takashi porte une histoire d'enfant difforme et de père assassin dans le Japon d'époque, imprégné de couleurs mortes et d'une ambiance de vrai film "bizarre" et trouve une petite stabilité dans sa filmographie très inégale avec un twist final flou et maléfique. Le neuvième segment, sans être mauvais, narre l'histoire d'un père de famille parti et mort sur le front durant la seconde guerre mondiale dont la mère et l'enfant continuent jour après jour d'aller dire une prière sur sa tombe. Formellement louable, l'histoire manque de punch lorsqu'elle en fait paradoxalement trop lors des flash-back de guerre. Le dernier segment raconte les aventures hallucinantes de Shotaro, un beau gosse à qui est arrivé une montagne de problèmes : victime de la visite d'une fabrique de viande humaine et d'un combat contre une femme cochon pétomane, ce dernier débarque dans un petit village pour raconter ses aventures, les boyaux à l'air. D'un humour lourd mais plus riche que celui d'un Miike dont on retrouve le style au niveau du montage, de la mise en scène et de l'humour pouet pouet prout un poil mieux agencé ici, c'est un véritable festival de bruitages et de références à l'univers du manga qui nous est offert ici (un combat de boxe mémorable avec des geysers de sang en plastique rappelant les giclées d'un Tortue Géniale) le temps de quinze minutes soufflantes. Sans être du goût de tous, cet ultime segment crée la surprise et le décalage après une poignée d'oeuvres désespérément soporifiques. 



06 avril 2008
par Xavier Chanoine


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