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La Cité des Douleurs

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les avis de Cinemasie

4 critiques: 4/5

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12 critiques: 4.17/5

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Bruno Julia 5
Chip E 4.5
David Federmann 4.5
geez 3.5
Illitch Dillinger 4
k-chan 5
katsuben 5
Miyuki 4.75
Mounir 4
Pikul 4.5
Scalp 0.25
yitian 5


classer par notes | date | rédacteur    longueurs: toutes longueurs moyen et long seulement long seulement

encore un chef-d'œuvre de Hou Hsiao Hsien

C'est sûrement par La Cité des Douleurs que Hou a été reconnu en Europe, dépassant le cercle restreint de ses fans du début. Il mêle à un souffle épique une précision historique et une description intime dans une œuvre qui pour la première fois explore une période peu connue de l'histoire de Taiwan. La famille, comme souvent chez Hou, est au centre de l'intrigue : une famille peu à peu détruite par l'Histoire; mais Hou ne fait pas du Visconti. Ce sont moins les dialectiques historiques qui l'intéressent que l'histoire de cette famille au sein de l'Histoire. Les déchirures, morts et drames successifs ne donnent lieu à aucun pathos facile, mais par une utilisation savante de l'ellipse, nous assistons à un condensé de retenue et d'émotion par un style pur. Ainsi, la dernière photo prise par le quatrième frère, sourd et muet, interprété par Tony Leung, montre dans un instantané la mort qui surviendra par la seule utilisation de la voix off de sa femme. Le sujet est une tragédie épique : une famille, des guerres, mais le point de vue distancé et proche des acteurs donne à lœuvre une originalité qui surprend par rapport aux autres films de Hou hsiao hsien, qui ira ensuite dans une direction toujours plus intimistes. ici, c'est vraiment l'Histoire qui domine, mais l'intime filtrre à travers elle, et remplit le cadre. Enfin, il faut noter le jeu des acteurs, et surtout la surprise de voir un Tony Leung dns unn rôle muet, qui préfigure le rôle de M. Wang dans les fleurs de Shanghai. L'utilisation de l'acteur par Hou est différent de celle de Wong Kar Waï : il sert de contrpoint à la parole de Jack Kao... Bref, un chef d'ouvre de finesse, de beauté, et une œuvre magistrale dans le cinéma de Hou, qui, s'il reprendra les sujets hsitoriques, ne se servira plus d'un tel souffle mais se concentrera toujours plus sur l'intime. À voir absolument...

27 décembre 2002
par Bruno Julia


Un superbe drame familial sur fond de fresque historique

Jalon fondamental de la filmographie de Hou Hsiao Hsien, La Cité des Douleurs fut réalisé à la suite d'une trilogie sur la jeunesse (Un été chez grand-père, Un temps pour vivre et un temps pour mourir et Poussière dans le vent) plus ou moins autobiographique lui valant une consécration en tant qu'auteur remarqué à Taïwan. Ce film, qui obtint le Lion d'or à Venise en 1989, est pourtant considéré par son propre auteur comme un véritable fiasco, chose aberrante aux yeux de nombreux inconditionnels du cinéaste, tant cette œuvre se révèle riche, passionnante et thématiquement forte. En abordant une étape-clé de l'histoire taïwanaise sous un angle quasi naturaliste, Hou Hsiao Hsien – alias HHH – ne signe rien moins qu'une formidable fresque à la fois politique et intimiste, dont le réalisme et la maturité forcent le respect.

La Cité des Douleurs
narre la situation difficile de Taïwan lors de sa restitution à la Chine par le gouvernement japonais en 1945. Graves pertes économiques, corruption, rapports distants entre les Chinois continentaux et les habitants natifs de l'île, confusion culturelle, inégalités sociales à leur comble, etc. Dans cette galère politique, une famille voit son destin basculer du mauvais côté: commerce en baisse, disparition d'un fils, emprisonnement d'un autre, violence ambiante et déchirures morales. Hou Hsiao Hsien impose à cet ambitieux scénario sa grammaire filmique habituelle, caractérisée par des plans statiques et relativement distants face aux personnages, un montage calme et un éclairage très soigné. La lenteur du récit ainsi que la durée élevée du métrage ne sauraient entraver cette passionnante intrigue où s'entremêlent tragédie familiale et réalité historique, le tout délesté jusqu'au bout des clichés ou encore de l'emphase dramatique inhérents à quantité de films aux thèmes similaires. La Cité des Douleurs occasionne par ailleurs au grand Tony Leung Chiu Wai l'un de ses meilleurs rôles. Crédible, humain et bouleversant de sincérité dans son personnage de jeune sourd-muet plein de tendresse et de sentiments, le héros de Bullet in the Head et de 2046 exerce ici une composition à mille lieues de celles d'hommes valeureux et/ou charismatiques que lui a généralement réservées le cinéma. Les autres protagonistes n'en sont pas moins occultés et brillent également par l'authenticité de leur jeu. Enfin, la musique du tandem Tachikawa Naoki - Zhang Hongzyi, discrète mais magnifique, entre en parfaite symbiose avec les images de cette foisonnante bande.

Œuvre bien trop peu reconnue – si ce n'est par les admirateurs de Hou Hsiao Hsien –, La Cité des Douleurs aura malgré tout laissé une véritable empreinte dans le patrimoine cinématographique de Taïwan et le fait de la (re)découvrir aujourd'hui nous laisse supposer qu'il y a dans ces contrées-ci une multitude de perles oubliées n'attendant que l'heure de la relecture. Grandiose.

18 septembre 2007
par Chip E


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